J'ai longtemps hésité.

J'allais encore me faire traiter de féministe insupportable.

D'autant que franchement, sur ce cas là, j'étais depuis longtemps, prête à fermer les yeux sur cette démonstration  inouïe d'anti-progressisme primaire, de sectarisme, de machisme, j'en passe.

J'avais fini par trouver cela tellement kitch que presque charmant, comme un musée vivant d'une époque révolue.

Oui, le club d'Augusta, maison des Masters, grand' messe mondiale de notre jeu et sport préféré était toujours un club uniquement réservé aux hommes.

Gentlement Only Ladies Forbidden. La bonne vieille blague que tout le monde aime à répéter a dans ce club prestigieux, tout son sens.

Ce club tient par ses traditions. Et parmi ces dernières, il en est une également, qu'il faut connaître et remarquer. Il est en effet d'usage, que les grands patrons des grandes entreprises américaines soient admis comme membre d'honneur, le temps de leur mandat à la tête de ces non-moins prestigieuses institutions économiques américaines que sont A&T, Exxon et biensûr IBM, sponsors de l'évènement.

Sauf que voilà. Catastrophe cette année. Le patron d'IBM est...une patronne. Virginia Rometty. Autant vous dire pas la moitié d'une nouille pour avoir coiffé sur le poteau, et sans brushing, tous les masculins prétendants au trône.

Et pour ces messieurs, pas question de déroger. Ils étaient entre eux depuis 1933 (une pauvre année finalement), ça n'allait pas changer en 2012. C'était peutêtre ça finalement la fin du monde que certains se risquent à annoncer. Une femme à Augusta. On y pensait pas !

Même Barack s'en est mêlé. Insistant. (Je précise que BO aime le golf qu'il pratique par ailleurs).

Il parait qu'ils vont en discuter. Entre eux. Dans la plus grande discrétion.

En attendant, Virginia fait profil bas. Pas de vague. Bonne joueuse, elle va certainement continuer à allonger les dollars et à assurer le support informatique du tournoi. L'image, toujours l'image. Elle ne veut pas d'amalgame entre le business et les revendications sociales.

Mais qui peut on tenir pour responsable de ce qui semble, au premier abord, une folle aberration ?

Car lorsqu'on y regarde de plus près, tout le monde s'insurge mais personne ne bouge vraiment. Tout le monde est à sa place : medias, joueurs, spectateurs.

Et si les joueurs s'en mêlaient ? S'ils refusaient de jouer cet incontournable ? 

Impensable non ?

Nous y sommes. Tout le monde trouve ça un peu fort cette histoire de veste verte refusée à Virginia Rometty, mais pas assez pour se priver de notre spectacle golfique préféré.

Moi la première je l'avoue.

Retour à la case départ donc. 

Virginia, console-toi, le vert de cette veste est importable et en plus elle est très mal taillée. Mais si tu en veux une quand même, sache qu'on en trouve dans les ventes aux enchères, mise à prix 7000 dollars. Une paille.

 

virginia romettygreen jacket